Dans The world is round, John Gray répond à Friedman qui avait écrit «The world is flat». Les deux auteurs n'en arrive pas à la même conclusion, et Gray revient sur les arguments de Friedman pour expliquer son propre point de vue.
Gray explique dans un premier temps que le néo-libéralisme et le marxisme sont loin d’être aussi fondamentalement antagoniste que l’on pouvait le croire lors de la guerre froide. Il identifie en effet des points de convergences entre ces deux courants de pensées.
Dans un premier temps, Marx et Engels dénonçaient le fait que la bourgeoisie transformait le monde pour le rendre à son image, obligeant les nations à adopter leur mode de production, à introduire la civilisation dans leur milieu, à devenir bourgeoises. Ainsi, ils reconnaissaient l’émergence d’un marché mondial, d’un système mondial de production et de consommation qui dépassait les seules limites des frontières nationales et culturelles. Contrairement à Friedman, ils désapprouvaient cette évolution puisqu’ils considéraient que le marché libre était une force révolutionnaire qui, avec son expansion à travers le monde, n’entraînerait que des perturbations et des conflits violents. L’histoire donna cependant raison à Marx. En effet, l’auteur explique que ce phénomène s’est accompagné de grands conflits et de bouleversements sociaux. Il cite en exemple la guerre de l’Opium et le génocide du Congo, et ajoute que la propagation du capitalisme et de l’industrialisation «has gone hand in hand with war and revolution».
Pour Friedman, la mondialisation entraînerait l’humanité à surmonter les divisions du passé et il considérait, tout comme Marx, que la mondialisation n’était compatible qu’avec un seul système économique, et que seul ce dernier peut mener l’humanité à mettre fin aux conflits, à la tyrannie et la pauvreté.
John Gray explique que ces deux courants de pensée appartiennent à un même style de pensée et sont souvent aussi confrontés aux mêmes limites. Ainsi, il explique que les deux idéologies considèrent que les avancées technologiques constituent le moteur de l’économie et que la politique et la culture étaient, dans les deux cas, relayé au plan secondaire du processus de progrès humain. Aussi, les deux courants considèrent que la mondialisation est le résultat de politiques de dérégulation.
Ainsi, on peut voir qu’à travers la dynamique de la mondialisation, les pensées marxistes et néolibérales se rejoignent plus qu’on ne pouvait le supposer. Pour Grey, l’idée de la mondialisation repose sur deux principes. D’abord sur l’idée selon laquelle nous vivons une période rapide d’innovation technologique continue, ce qui a pour effet de relier les événements et les activités à travers le monde, plus largement et plus rapidement qu’avant. Le second principe sur lequel repose l’idée de la mondialisation est la conviction que ce processus conduit à un seul système économique mondial. Et, comme le dit l’auteur, «like Marx, Friedman elides the two».
Friedman identifiait trois grandes phases historiques de la mondialisation. Il situe la première phase de 1492 à 1800 avec l’expansion militaire des pays militaires par le biais notamment de la colonisation. La deuxième phase touche quant à elle la période 1800 à 2000 et se caractérise selon lui par la prise de contrôle des compagnies multinationales, devenues les principales actrices de la mondialisation et dont le but recherché est de se diversifier le plus possible afin de devenir plus puissantes. Ainsi, nous serions dans la troisième phase, soit celle de 2000 à 2008. L’individualisme, les technologies et l’industrialisation y occupe une place prépondérante. Ce sont les individus qui sont désormais les principaux acteurs de la mondialisation : leurs choix en déterminent le déroulement.
Enfin, John Gray explique l’origine de la mondialisation par la révolution de l’information qui aurait débuté dans le milieu des années 1980 avec la multiplication des moyens de communications. Aussi, dit-il, bien que ces trois phases n’aient pas tous les mêmes facteurs d’origine, la technologie serait le point commun des trois, «la force première» selon Friedman.
Pour Friedman, le monde est plat. Il explique que la mondialisation rend le monde plus petit, faisant disparaître les frontières, ce qui peut mener à l’éclatement de conflits. John Gray s’oppose à Friedman car il considère plutôt que le monde «is round». Gray explique en effet que Friedman ne voit que les ressemblances entre les peuples, et qu’il ignore les différences pouvant les tenir à distances les uns des autres. Ainsi, pour Friedman, la terre est plate puisque les frontières tendent à disparaître pour discuter mais aussi pour faire la guerre. Al Quaïda constitue un bon exemple étant donné que cette organisation n’est pas située dans un endroit précis sur une carte, mais est plutôt présente un peu partout. Pour Gray, il importe de prendre compte des différences et de la montée des nationalismes, ce qui serait, selon lui, la preuve de déchirures entre les peuples, de conflits et de barrières existantes. Il donne ainsi raison à Marx et la terre serait donc ronde pour Gray.
Selon moi, la mondialisation tend en effet à effacer les frontières, ce qui fait que la terre serait plate. Cependant, la mondialisation s’accompagne d’un seul système économique : le capitalisme. C’est ce système qui, selon moi, tend à faire ressurgir les conflits, à ériger des barrières entre les peuples, à creuser des inégalités. C’est donc le capitalisme qui, selon moi, rend la terre ronde.
Texte original:
static.twoday.net/foehrenbergkreis/files/Gray-The-World-is-Round.pdf
Gray explique dans un premier temps que le néo-libéralisme et le marxisme sont loin d’être aussi fondamentalement antagoniste que l’on pouvait le croire lors de la guerre froide. Il identifie en effet des points de convergences entre ces deux courants de pensées.
Dans un premier temps, Marx et Engels dénonçaient le fait que la bourgeoisie transformait le monde pour le rendre à son image, obligeant les nations à adopter leur mode de production, à introduire la civilisation dans leur milieu, à devenir bourgeoises. Ainsi, ils reconnaissaient l’émergence d’un marché mondial, d’un système mondial de production et de consommation qui dépassait les seules limites des frontières nationales et culturelles. Contrairement à Friedman, ils désapprouvaient cette évolution puisqu’ils considéraient que le marché libre était une force révolutionnaire qui, avec son expansion à travers le monde, n’entraînerait que des perturbations et des conflits violents. L’histoire donna cependant raison à Marx. En effet, l’auteur explique que ce phénomène s’est accompagné de grands conflits et de bouleversements sociaux. Il cite en exemple la guerre de l’Opium et le génocide du Congo, et ajoute que la propagation du capitalisme et de l’industrialisation «has gone hand in hand with war and revolution».
Pour Friedman, la mondialisation entraînerait l’humanité à surmonter les divisions du passé et il considérait, tout comme Marx, que la mondialisation n’était compatible qu’avec un seul système économique, et que seul ce dernier peut mener l’humanité à mettre fin aux conflits, à la tyrannie et la pauvreté.
John Gray explique que ces deux courants de pensée appartiennent à un même style de pensée et sont souvent aussi confrontés aux mêmes limites. Ainsi, il explique que les deux idéologies considèrent que les avancées technologiques constituent le moteur de l’économie et que la politique et la culture étaient, dans les deux cas, relayé au plan secondaire du processus de progrès humain. Aussi, les deux courants considèrent que la mondialisation est le résultat de politiques de dérégulation.
Ainsi, on peut voir qu’à travers la dynamique de la mondialisation, les pensées marxistes et néolibérales se rejoignent plus qu’on ne pouvait le supposer. Pour Grey, l’idée de la mondialisation repose sur deux principes. D’abord sur l’idée selon laquelle nous vivons une période rapide d’innovation technologique continue, ce qui a pour effet de relier les événements et les activités à travers le monde, plus largement et plus rapidement qu’avant. Le second principe sur lequel repose l’idée de la mondialisation est la conviction que ce processus conduit à un seul système économique mondial. Et, comme le dit l’auteur, «like Marx, Friedman elides the two».
Friedman identifiait trois grandes phases historiques de la mondialisation. Il situe la première phase de 1492 à 1800 avec l’expansion militaire des pays militaires par le biais notamment de la colonisation. La deuxième phase touche quant à elle la période 1800 à 2000 et se caractérise selon lui par la prise de contrôle des compagnies multinationales, devenues les principales actrices de la mondialisation et dont le but recherché est de se diversifier le plus possible afin de devenir plus puissantes. Ainsi, nous serions dans la troisième phase, soit celle de 2000 à 2008. L’individualisme, les technologies et l’industrialisation y occupe une place prépondérante. Ce sont les individus qui sont désormais les principaux acteurs de la mondialisation : leurs choix en déterminent le déroulement.
Enfin, John Gray explique l’origine de la mondialisation par la révolution de l’information qui aurait débuté dans le milieu des années 1980 avec la multiplication des moyens de communications. Aussi, dit-il, bien que ces trois phases n’aient pas tous les mêmes facteurs d’origine, la technologie serait le point commun des trois, «la force première» selon Friedman.
Pour Friedman, le monde est plat. Il explique que la mondialisation rend le monde plus petit, faisant disparaître les frontières, ce qui peut mener à l’éclatement de conflits. John Gray s’oppose à Friedman car il considère plutôt que le monde «is round». Gray explique en effet que Friedman ne voit que les ressemblances entre les peuples, et qu’il ignore les différences pouvant les tenir à distances les uns des autres. Ainsi, pour Friedman, la terre est plate puisque les frontières tendent à disparaître pour discuter mais aussi pour faire la guerre. Al Quaïda constitue un bon exemple étant donné que cette organisation n’est pas située dans un endroit précis sur une carte, mais est plutôt présente un peu partout. Pour Gray, il importe de prendre compte des différences et de la montée des nationalismes, ce qui serait, selon lui, la preuve de déchirures entre les peuples, de conflits et de barrières existantes. Il donne ainsi raison à Marx et la terre serait donc ronde pour Gray.
Selon moi, la mondialisation tend en effet à effacer les frontières, ce qui fait que la terre serait plate. Cependant, la mondialisation s’accompagne d’un seul système économique : le capitalisme. C’est ce système qui, selon moi, tend à faire ressurgir les conflits, à ériger des barrières entre les peuples, à creuser des inégalités. C’est donc le capitalisme qui, selon moi, rend la terre ronde.
Texte original:
static.twoday.net/foehrenbergkreis/
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