Des nouvelles de ma maîtrise? Je vais travailler avec Michel Roche et Marielle Tremblay. Le premier est spécialiste de la Russie et la deuxième est une chercheure en sciences politiques spécialisée en études féministes... Quoi rêver de mieux?
jeudi 28 février 2008
Généalogie
Salut tout le monde!
Bonne journée
J'ai trouvé mon arbre généalogique complet sur le web. C'est un monsieur Robert Marchand qui l'a fait. Si ça vous intéresse, vous n'avez qu'à vous rendre à cette adresse, http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=rmarchand, tapé Sheinck dans la recherche, et vous tomberez sur ma branche. Pour info, le premier Sheinck est né en 1736 et est parti de l'Alsace (France-Allemagne) pour arrivé au Québec en 1755 en tant que soldat, il s'appelait Joan Jacob Shinks et son nom fut traduit par Jacques. Il s'installa avec sa mère à St-Charles de Bellechasse.
Allez faire un tour, il manquait quelques informations, mais le monsieur m'a dit qu'il les rajouterait bientôt.
Bonne journée
The world is round, by John Gray
Dans The world is round, John Gray répond à Friedman qui avait écrit «The world is flat». Les deux auteurs n'en arrive pas à la même conclusion, et Gray revient sur les arguments de Friedman pour expliquer son propre point de vue.
Gray explique dans un premier temps que le néo-libéralisme et le marxisme sont loin d’être aussi fondamentalement antagoniste que l’on pouvait le croire lors de la guerre froide. Il identifie en effet des points de convergences entre ces deux courants de pensées.
Dans un premier temps, Marx et Engels dénonçaient le fait que la bourgeoisie transformait le monde pour le rendre à son image, obligeant les nations à adopter leur mode de production, à introduire la civilisation dans leur milieu, à devenir bourgeoises. Ainsi, ils reconnaissaient l’émergence d’un marché mondial, d’un système mondial de production et de consommation qui dépassait les seules limites des frontières nationales et culturelles. Contrairement à Friedman, ils désapprouvaient cette évolution puisqu’ils considéraient que le marché libre était une force révolutionnaire qui, avec son expansion à travers le monde, n’entraînerait que des perturbations et des conflits violents. L’histoire donna cependant raison à Marx. En effet, l’auteur explique que ce phénomène s’est accompagné de grands conflits et de bouleversements sociaux. Il cite en exemple la guerre de l’Opium et le génocide du Congo, et ajoute que la propagation du capitalisme et de l’industrialisation «has gone hand in hand with war and revolution».
Pour Friedman, la mondialisation entraînerait l’humanité à surmonter les divisions du passé et il considérait, tout comme Marx, que la mondialisation n’était compatible qu’avec un seul système économique, et que seul ce dernier peut mener l’humanité à mettre fin aux conflits, à la tyrannie et la pauvreté.
John Gray explique que ces deux courants de pensée appartiennent à un même style de pensée et sont souvent aussi confrontés aux mêmes limites. Ainsi, il explique que les deux idéologies considèrent que les avancées technologiques constituent le moteur de l’économie et que la politique et la culture étaient, dans les deux cas, relayé au plan secondaire du processus de progrès humain. Aussi, les deux courants considèrent que la mondialisation est le résultat de politiques de dérégulation.
Ainsi, on peut voir qu’à travers la dynamique de la mondialisation, les pensées marxistes et néolibérales se rejoignent plus qu’on ne pouvait le supposer. Pour Grey, l’idée de la mondialisation repose sur deux principes. D’abord sur l’idée selon laquelle nous vivons une période rapide d’innovation technologique continue, ce qui a pour effet de relier les événements et les activités à travers le monde, plus largement et plus rapidement qu’avant. Le second principe sur lequel repose l’idée de la mondialisation est la conviction que ce processus conduit à un seul système économique mondial. Et, comme le dit l’auteur, «like Marx, Friedman elides the two».
Friedman identifiait trois grandes phases historiques de la mondialisation. Il situe la première phase de 1492 à 1800 avec l’expansion militaire des pays militaires par le biais notamment de la colonisation. La deuxième phase touche quant à elle la période 1800 à 2000 et se caractérise selon lui par la prise de contrôle des compagnies multinationales, devenues les principales actrices de la mondialisation et dont le but recherché est de se diversifier le plus possible afin de devenir plus puissantes. Ainsi, nous serions dans la troisième phase, soit celle de 2000 à 2008. L’individualisme, les technologies et l’industrialisation y occupe une place prépondérante. Ce sont les individus qui sont désormais les principaux acteurs de la mondialisation : leurs choix en déterminent le déroulement.
Enfin, John Gray explique l’origine de la mondialisation par la révolution de l’information qui aurait débuté dans le milieu des années 1980 avec la multiplication des moyens de communications. Aussi, dit-il, bien que ces trois phases n’aient pas tous les mêmes facteurs d’origine, la technologie serait le point commun des trois, «la force première» selon Friedman.
Pour Friedman, le monde est plat. Il explique que la mondialisation rend le monde plus petit, faisant disparaître les frontières, ce qui peut mener à l’éclatement de conflits. John Gray s’oppose à Friedman car il considère plutôt que le monde «is round». Gray explique en effet que Friedman ne voit que les ressemblances entre les peuples, et qu’il ignore les différences pouvant les tenir à distances les uns des autres. Ainsi, pour Friedman, la terre est plate puisque les frontières tendent à disparaître pour discuter mais aussi pour faire la guerre. Al Quaïda constitue un bon exemple étant donné que cette organisation n’est pas située dans un endroit précis sur une carte, mais est plutôt présente un peu partout. Pour Gray, il importe de prendre compte des différences et de la montée des nationalismes, ce qui serait, selon lui, la preuve de déchirures entre les peuples, de conflits et de barrières existantes. Il donne ainsi raison à Marx et la terre serait donc ronde pour Gray.
Selon moi, la mondialisation tend en effet à effacer les frontières, ce qui fait que la terre serait plate. Cependant, la mondialisation s’accompagne d’un seul système économique : le capitalisme. C’est ce système qui, selon moi, tend à faire ressurgir les conflits, à ériger des barrières entre les peuples, à creuser des inégalités. C’est donc le capitalisme qui, selon moi, rend la terre ronde.
Texte original:
static.twoday.net/foehrenbergkreis/files/Gray-The-World-is-Round.pdf
Gray explique dans un premier temps que le néo-libéralisme et le marxisme sont loin d’être aussi fondamentalement antagoniste que l’on pouvait le croire lors de la guerre froide. Il identifie en effet des points de convergences entre ces deux courants de pensées.
Dans un premier temps, Marx et Engels dénonçaient le fait que la bourgeoisie transformait le monde pour le rendre à son image, obligeant les nations à adopter leur mode de production, à introduire la civilisation dans leur milieu, à devenir bourgeoises. Ainsi, ils reconnaissaient l’émergence d’un marché mondial, d’un système mondial de production et de consommation qui dépassait les seules limites des frontières nationales et culturelles. Contrairement à Friedman, ils désapprouvaient cette évolution puisqu’ils considéraient que le marché libre était une force révolutionnaire qui, avec son expansion à travers le monde, n’entraînerait que des perturbations et des conflits violents. L’histoire donna cependant raison à Marx. En effet, l’auteur explique que ce phénomène s’est accompagné de grands conflits et de bouleversements sociaux. Il cite en exemple la guerre de l’Opium et le génocide du Congo, et ajoute que la propagation du capitalisme et de l’industrialisation «has gone hand in hand with war and revolution».
Pour Friedman, la mondialisation entraînerait l’humanité à surmonter les divisions du passé et il considérait, tout comme Marx, que la mondialisation n’était compatible qu’avec un seul système économique, et que seul ce dernier peut mener l’humanité à mettre fin aux conflits, à la tyrannie et la pauvreté.
John Gray explique que ces deux courants de pensée appartiennent à un même style de pensée et sont souvent aussi confrontés aux mêmes limites. Ainsi, il explique que les deux idéologies considèrent que les avancées technologiques constituent le moteur de l’économie et que la politique et la culture étaient, dans les deux cas, relayé au plan secondaire du processus de progrès humain. Aussi, les deux courants considèrent que la mondialisation est le résultat de politiques de dérégulation.
Ainsi, on peut voir qu’à travers la dynamique de la mondialisation, les pensées marxistes et néolibérales se rejoignent plus qu’on ne pouvait le supposer. Pour Grey, l’idée de la mondialisation repose sur deux principes. D’abord sur l’idée selon laquelle nous vivons une période rapide d’innovation technologique continue, ce qui a pour effet de relier les événements et les activités à travers le monde, plus largement et plus rapidement qu’avant. Le second principe sur lequel repose l’idée de la mondialisation est la conviction que ce processus conduit à un seul système économique mondial. Et, comme le dit l’auteur, «like Marx, Friedman elides the two».
Friedman identifiait trois grandes phases historiques de la mondialisation. Il situe la première phase de 1492 à 1800 avec l’expansion militaire des pays militaires par le biais notamment de la colonisation. La deuxième phase touche quant à elle la période 1800 à 2000 et se caractérise selon lui par la prise de contrôle des compagnies multinationales, devenues les principales actrices de la mondialisation et dont le but recherché est de se diversifier le plus possible afin de devenir plus puissantes. Ainsi, nous serions dans la troisième phase, soit celle de 2000 à 2008. L’individualisme, les technologies et l’industrialisation y occupe une place prépondérante. Ce sont les individus qui sont désormais les principaux acteurs de la mondialisation : leurs choix en déterminent le déroulement.
Enfin, John Gray explique l’origine de la mondialisation par la révolution de l’information qui aurait débuté dans le milieu des années 1980 avec la multiplication des moyens de communications. Aussi, dit-il, bien que ces trois phases n’aient pas tous les mêmes facteurs d’origine, la technologie serait le point commun des trois, «la force première» selon Friedman.
Pour Friedman, le monde est plat. Il explique que la mondialisation rend le monde plus petit, faisant disparaître les frontières, ce qui peut mener à l’éclatement de conflits. John Gray s’oppose à Friedman car il considère plutôt que le monde «is round». Gray explique en effet que Friedman ne voit que les ressemblances entre les peuples, et qu’il ignore les différences pouvant les tenir à distances les uns des autres. Ainsi, pour Friedman, la terre est plate puisque les frontières tendent à disparaître pour discuter mais aussi pour faire la guerre. Al Quaïda constitue un bon exemple étant donné que cette organisation n’est pas située dans un endroit précis sur une carte, mais est plutôt présente un peu partout. Pour Gray, il importe de prendre compte des différences et de la montée des nationalismes, ce qui serait, selon lui, la preuve de déchirures entre les peuples, de conflits et de barrières existantes. Il donne ainsi raison à Marx et la terre serait donc ronde pour Gray.
Selon moi, la mondialisation tend en effet à effacer les frontières, ce qui fait que la terre serait plate. Cependant, la mondialisation s’accompagne d’un seul système économique : le capitalisme. C’est ce système qui, selon moi, tend à faire ressurgir les conflits, à ériger des barrières entre les peuples, à creuser des inégalités. C’est donc le capitalisme qui, selon moi, rend la terre ronde.
Texte original:
static.twoday.net/foehrenbergkreis/
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mardi 26 février 2008
L'occidentalisme, Buruma et Margalith
Avishai Margalit et Ian Buruma, dans The occidentalism, démontrent que les principaux arguments de la haine de l’Occident ne proviendrait pas de l’Orient, mais auraient en réalité leurs sources en Occident. Le terme «occidentalisme» fait donc référence à l’ensemble des stéréotypes censés représentés l’Occident, et serait né en Europe. Les auteurs expliquent en effet qu’en Allemagne, l’on prônait une culture allemande fondée sur le sang, le sol et l’instinct, le « volk », et en Russie et au Japon, à la fin du 19e siècle, on remettait en question les Lumières. Ainsi, les ultranationalistes japonais et nazis tenaient un discours semblable à l’encontre de l’Occident, considéré comme étant contraire à leur philosophie, tout comme le discours actuel de l’Islam radical. Ces trois courants de pensées considèrent qu’il faut contrer le phénomène de la décadence du mode de vie occidental, mais ce sont d’abord les stéréotypes qui représentent l’Occident comme étant une civilisation matérialiste, superficielle, brutale et sans égard aux valeurs spirituelles et religieuses, qui contribuent à la haine contre l’Occident. Aujourd’hui, c’est de l’Islam que proviennent principalement les contestations à l’égard des valeurs occidentales dans le monde.
Les auteurs identifient quatre grand facteurs phénomènes dictinctifs sur lesquels reposent la haine de l’occident. Symboles de la décadence occidentale, ces facteurs sont la civilisation urbaine, le capitalisme bourgeois, la raison l’emportant sur la foi, et le féminisme. Ces phénomènes sont perçus comme des éléments dont il faudrait se départir selon la vision occidentaliste.
Chez les occidentalistes, la ville colonisée et occidentalisée, est perçue comme étant arrogante, une insulte à Dieu, à l’image de Babylone dans la Bible. Il s’agirait, pour ses détracteurs, d’un lieu de décadence puisqu’elle représente à la fois l’arrogance et les mauvaises mœurs comme la prostitution et la violence. Cette vision, basée sur des stéréotypes, explique en partie les attentats du World Trade Center du 11 septembre 2001. Les tours représentaient, pour les islamistes radicaux, le symbole de la décadence et l’arrogance de l’Occident. La bourgeoisie serait aussi source de corruption et d’impureté par le fait de ses idées capitalistes, et de sa tendance néo-libérale du libre-échange. Les tenants des anti-occidentaux sont d’avis que la raison doit être mise au service d’une idéologie, d’une foi, tandis que les occidentaux considèrent plutôt que la raison doit être libre : la religion demeure une affaire privée. Le féminisme constituerait enfin le symbole de la décadence par excellence pour la pensée occidentaliste. Ainsi, selon les tenants de cette pensée, le rôle de la femme est avant tout de procréer et d’éduquer les enfants et l’émancipation de la femme, telle que prônée en Occident, est de la provocation.
La décadence serait donc le résultat des valeurs défendues par l’Occident selon ses détracteurs, ce qui justifie selon eux la haine de l’Occident. Cependant, en dénonçant les valeurs de l’Occident, l’Occidentalisme défend ses propres valeurs mais la haine de l’Occident ne repose pas principalement sur ce principe, mais plutôt sur l’idée que l’on s’en fait, soit sur les stéréotypes, sur des perceptions qui ne sont pas nécessairement basées sur la réalité.
Les auteurs identifient quatre grand facteurs phénomènes dictinctifs sur lesquels reposent la haine de l’occident. Symboles de la décadence occidentale, ces facteurs sont la civilisation urbaine, le capitalisme bourgeois, la raison l’emportant sur la foi, et le féminisme. Ces phénomènes sont perçus comme des éléments dont il faudrait se départir selon la vision occidentaliste.
Chez les occidentalistes, la ville colonisée et occidentalisée, est perçue comme étant arrogante, une insulte à Dieu, à l’image de Babylone dans la Bible. Il s’agirait, pour ses détracteurs, d’un lieu de décadence puisqu’elle représente à la fois l’arrogance et les mauvaises mœurs comme la prostitution et la violence. Cette vision, basée sur des stéréotypes, explique en partie les attentats du World Trade Center du 11 septembre 2001. Les tours représentaient, pour les islamistes radicaux, le symbole de la décadence et l’arrogance de l’Occident. La bourgeoisie serait aussi source de corruption et d’impureté par le fait de ses idées capitalistes, et de sa tendance néo-libérale du libre-échange. Les tenants des anti-occidentaux sont d’avis que la raison doit être mise au service d’une idéologie, d’une foi, tandis que les occidentaux considèrent plutôt que la raison doit être libre : la religion demeure une affaire privée. Le féminisme constituerait enfin le symbole de la décadence par excellence pour la pensée occidentaliste. Ainsi, selon les tenants de cette pensée, le rôle de la femme est avant tout de procréer et d’éduquer les enfants et l’émancipation de la femme, telle que prônée en Occident, est de la provocation.
La décadence serait donc le résultat des valeurs défendues par l’Occident selon ses détracteurs, ce qui justifie selon eux la haine de l’Occident. Cependant, en dénonçant les valeurs de l’Occident, l’Occidentalisme défend ses propres valeurs mais la haine de l’Occident ne repose pas principalement sur ce principe, mais plutôt sur l’idée que l’on s’en fait, soit sur les stéréotypes, sur des perceptions qui ne sont pas nécessairement basées sur la réalité.
jeudi 21 février 2008
Féminisme «intergénérationnel»
Le concept de «troisième vague féministe» apparaît au début des années 1990 aux Etats-Unis sous la plume de Rebecca Walker qui s’en servit pour décrire et expliquer l’évolution du féminisme depuis les dernières décennies. Diane Lamoureux, dans Y-a-t-il une troisième vague féministe, explique dans un premier temps que cette notion fait référence à la nouvelle génération de féministe, soit celles étant née «après les luttes des années 1970».
L’auteure dresse un bref portrait de cette troisième vague et en quoi cette dernière se différencie des vagues précédentes. Ainsi, explique-t-elle, l’institutionnalisation des études féministes a entraîné un féminisme plutôt théorique que pratique, mais aussi moins subversif mais plutôt académique. C’est pourquoi Diane Lamoureux explique que la troisième vague avait besoin de redonner une nouvelle image au féminisme afin d’intégrer les jeunes femmes dans les luttes. Ainsi, le besoin de se démarquer des précédentes vagues féministes ont entraîné des critiques envers la seconde vague. Ainsi, elles remettent en cause le principe «de la non-mixité organisationnelle», et aussi leur non prise en compte des «enjeux de races et de classes» et dénoncent un certain manque de radicalité. La troisième vague féministe prônerait donc «un féminisme de la rue» plutôt que «de la chaire», et serait aussi plus ouverte à la diversité des femmes et aux autres formes d’inégalités.
Ainsi, bien que la troisième vague se voudrait une rupture avec ses prédécesseures, l’auteure a démontré qu’il y avait plutôt une certaine continuité entre les deux. Ainsi, il importe de reconnaître les acquis des premières vagues féministes dans la lutte pour l’égalité des femmes et des hommes, mais il importe également de ne pas glisser de cette reconnaissance au déni des inégalités qui perdurent encore aujourd’hui.
La vigilance demeure encore nécessaire. Certains acquis depuis longue date sont, dans certains cas, remis en question. Pensons notamment à l’interdiction de l’avortement aux États-Unis, à certains discours adéquistes prônant un retour des femmes à la maison ainsi qu’aux discours masculinistes qui réussissent de plus en plus à se faire entendre : les acquis existent, certes, mais certains peuvent demeurer encore fragiles.
Texte : LAMOUREUX Diane, Y-a-t-il une troisième vague féministe? In Cahiers de genre, hors-série, 2006, p. 57-74
L’auteure dresse un bref portrait de cette troisième vague et en quoi cette dernière se différencie des vagues précédentes. Ainsi, explique-t-elle, l’institutionnalisation des études féministes a entraîné un féminisme plutôt théorique que pratique, mais aussi moins subversif mais plutôt académique. C’est pourquoi Diane Lamoureux explique que la troisième vague avait besoin de redonner une nouvelle image au féminisme afin d’intégrer les jeunes femmes dans les luttes. Ainsi, le besoin de se démarquer des précédentes vagues féministes ont entraîné des critiques envers la seconde vague. Ainsi, elles remettent en cause le principe «de la non-mixité organisationnelle», et aussi leur non prise en compte des «enjeux de races et de classes» et dénoncent un certain manque de radicalité. La troisième vague féministe prônerait donc «un féminisme de la rue» plutôt que «de la chaire», et serait aussi plus ouverte à la diversité des femmes et aux autres formes d’inégalités.
Ainsi, bien que la troisième vague se voudrait une rupture avec ses prédécesseures, l’auteure a démontré qu’il y avait plutôt une certaine continuité entre les deux. Ainsi, il importe de reconnaître les acquis des premières vagues féministes dans la lutte pour l’égalité des femmes et des hommes, mais il importe également de ne pas glisser de cette reconnaissance au déni des inégalités qui perdurent encore aujourd’hui.
La vigilance demeure encore nécessaire. Certains acquis depuis longue date sont, dans certains cas, remis en question. Pensons notamment à l’interdiction de l’avortement aux États-Unis, à certains discours adéquistes prônant un retour des femmes à la maison ainsi qu’aux discours masculinistes qui réussissent de plus en plus à se faire entendre : les acquis existent, certes, mais certains peuvent demeurer encore fragiles.
Texte : LAMOUREUX Diane, Y-a-t-il une troisième vague féministe? In Cahiers de genre, hors-série, 2006, p. 57-74
mardi 19 février 2008
Nouvelle section
Allez dans la section «à voir» et cliquez sur «Découvertes musicales», de très belles chansons vous attendent!
Petits changements
Et oui, comme vous pouvez le constater, j'ai procédé à quelques petits changements sur mon blog. Je vais aussi mettre des photos bientôt. Alors revenez :D
dimanche 17 février 2008
Sujet de maîtrise
Salut tout le monde,
Je travaille actuellement sur mon sujet de maîtrise. Mon projet de recherche porte sur la féminisation de la pauvreté en Russie depuis l'éclatement de l'URSS. Les processus de transformation sociale sont conçus par l’élite masculine et renforcent le rôle domestique des femmes au détriment de leur autonomie et de la diversité de leurs activités. Les récents changements politiques et économiques survenus en Russie ont apporté de profondes transformations sociales qui ont eu des conséquences pour la population. Je crois que ces changements ont aussi influencé les rapports sociaux de sexe et de genre, et que cela se traduit notamment par la féminisation de la pauvreté.
Mon hypothèse est que cette féminisation de la pauvreté est due au caractère genré des processus de transformation politique, économique et sociale survenue depuis l'effondrement de l'URSS, et il sera démontré que les politiques préconisées par les institutions économiques internationales (FMI, Banque mondiale) ont influencé ces processus.
Mon devis de recherche sera bientôt en ligne... Revenez dans quelques jours.
Mon devis de recherche sera bientôt en ligne... Revenez dans quelques jours.
mercredi 13 février 2008
Des inégalités, encore!
Aujourd'hui, j'ai eu mon cours d'introduction aux relations internationales et notre professeur, Gilbert Larochelle, nous a raconté une anecdote qui m'a carrément mis en colère contre le gouvernement fédéral. Il faut croire que les égalités existent jusqu'à ce niveau!
Un de ses étudiants avait postulé pour un emploi à la fonction publique canadienne. La GRC s'est présenté à la porte de notre professeur pour lui demander des renseignements sur ce dernier. À la toute fin de l'entretien, ils lui ont demandé, si à sa connaissance, cet étudiant pouvait être homosexuel. Ce n'était pas le cas, mais mon prof leur a demandé pourquoi ils posaient cette question. Ils ont répondu que cela était pertinent pour le poste que l'étudiant en question avait postulé. L'étudiant a finalement été engagé.
Je n'en reviens tout simplement pas que ce critère puisse être un facteur d'embaûche.
Un de ses étudiants avait postulé pour un emploi à la fonction publique canadienne. La GRC s'est présenté à la porte de notre professeur pour lui demander des renseignements sur ce dernier. À la toute fin de l'entretien, ils lui ont demandé, si à sa connaissance, cet étudiant pouvait être homosexuel. Ce n'était pas le cas, mais mon prof leur a demandé pourquoi ils posaient cette question. Ils ont répondu que cela était pertinent pour le poste que l'étudiant en question avait postulé. L'étudiant a finalement été engagé.
Je n'en reviens tout simplement pas que ce critère puisse être un facteur d'embaûche.
L'égalité entre les genres: loin d'être atteinte
Lena Levinas explique dans «L’égalité devant soi: sexes, rapports sociaux et développement international» que ce que l’on considère comme étant des éléments nouveaux constituant une force pour ce qui est des mouvements sociaux brésiliens est perçu de façon négative pour le mouvement féministe. Ainsi, le fait que les mouvements sociaux brésiliens soient centrés autour de revendications politiques non institutionnalisées : le quotidien, l’espace politique et privé, le vécu, la défense de nouvelles valeurs, et qui seraient perçues de façon négative pour les mouvements féministes. Elle aborde aussi la question des mouvements sociaux féminins qui ont tendance à s’atomiser, que chacune tend à se situer de manière isolée par rapport à ses pairs.
On peut établir un point de comparaison avec la troisième vague féministe. Certaines femmes refusent carrément de s’identifier à ce mouvement, même si elles ont souvent les mêmes revendications. La connotation négative du terme semble en quelque sorte nuire aux luttes féminines. La troisième vague du féminisme, que l’on dit plus institutionnalisée, voit aussi apparaître sur le terrain une forme d’atomisation. Les luttes sont souvent individualisées et sont souvent centrées autour de problématiques précises. Certaines personnes considèrent que l’égalité est déjà atteinte. Ce mythe bien implanté est renforcé par l’idée que «nous sommes tous des citoyens égaux», par l’individualisation des luttes et par la connotation négative du terme. Aussi, le fait que les rapports de genres ne soient pas explicités en tant que rapports sociaux ralentit la prise de conscience des inégalités entre les rapports de sexe et de genre. C’est ce qui, à mon avis, fait dire à certaines personnes que le mouvement féministe n’aurait plus sa raison d’être aujourd’hui. Les inégalités, pourtant bien là, sont rendues invisibles sur le plan social en raison de tous ces mythes.
D’autres fois, elles sont bien visibles, mais elles sont présentées comme faisant partie d’un autre monde, loin de chez nous. Ainsi, le 23 janvier dernier, en l’espace d’une heure et demie d’écoute télé, trois «séquences télé» (je zappais) ont fait état d’inégalités entre les hommes et les femmes. D’abord, dans une première séquence, on voit une jeune femme canadienne d’origine iranienne qui raconte les événements l’ayant conduite en prison dans son pays d’origine et ce qu’elle y a vécu. Elle raconte les cris des femmes que l’on battait et que la raison officielle était qu’elles avaient «compromis l’ordre public en revendiquant l’égalité entre les hommes et les femmes». Puis dans la seconde séquence, on parle de la «journée clinique de santé» organisée par les Forces Armées Canadiennes en Afghanistan. À un moment donné, un militaire explique qu’ils ont dû «séparer les hommes et les femmes dans la file d’attente sans quoi, lors de la prochaine journée organisée, les hommes empêcheraient les femmes de revenir». Puis, dans une troisième séquence, on apprend qu’une télé-réalité a été tournée dans le Canada anglais pour le poste CBC «la semaine où les femmes sont parties». Cette série a pour objectif de démontrer ce que les femmes font durant une semaine pour que les hommes aient à se débrouiller seuls. Je ne sais pas comment prendre cette télé-réalité : marque-t-elle encore plus la séparation des rôles féminins et masculins dans le cadre domestique, ou encore est-elle une façon de faire constater à tous l’ampleur des tâches «dites invisibles» que les femmes font?
Les deux premières séquences démontrent à mon avis que le féminisme a toujours sa raison d’être. Les inégalités sont bien présentes. Mais on n’a pas besoin de chercher aussi loin pour les voir.
On peut établir un point de comparaison avec la troisième vague féministe. Certaines femmes refusent carrément de s’identifier à ce mouvement, même si elles ont souvent les mêmes revendications. La connotation négative du terme semble en quelque sorte nuire aux luttes féminines. La troisième vague du féminisme, que l’on dit plus institutionnalisée, voit aussi apparaître sur le terrain une forme d’atomisation. Les luttes sont souvent individualisées et sont souvent centrées autour de problématiques précises. Certaines personnes considèrent que l’égalité est déjà atteinte. Ce mythe bien implanté est renforcé par l’idée que «nous sommes tous des citoyens égaux», par l’individualisation des luttes et par la connotation négative du terme. Aussi, le fait que les rapports de genres ne soient pas explicités en tant que rapports sociaux ralentit la prise de conscience des inégalités entre les rapports de sexe et de genre. C’est ce qui, à mon avis, fait dire à certaines personnes que le mouvement féministe n’aurait plus sa raison d’être aujourd’hui. Les inégalités, pourtant bien là, sont rendues invisibles sur le plan social en raison de tous ces mythes.
D’autres fois, elles sont bien visibles, mais elles sont présentées comme faisant partie d’un autre monde, loin de chez nous. Ainsi, le 23 janvier dernier, en l’espace d’une heure et demie d’écoute télé, trois «séquences télé» (je zappais) ont fait état d’inégalités entre les hommes et les femmes. D’abord, dans une première séquence, on voit une jeune femme canadienne d’origine iranienne qui raconte les événements l’ayant conduite en prison dans son pays d’origine et ce qu’elle y a vécu. Elle raconte les cris des femmes que l’on battait et que la raison officielle était qu’elles avaient «compromis l’ordre public en revendiquant l’égalité entre les hommes et les femmes». Puis dans la seconde séquence, on parle de la «journée clinique de santé» organisée par les Forces Armées Canadiennes en Afghanistan. À un moment donné, un militaire explique qu’ils ont dû «séparer les hommes et les femmes dans la file d’attente sans quoi, lors de la prochaine journée organisée, les hommes empêcheraient les femmes de revenir». Puis, dans une troisième séquence, on apprend qu’une télé-réalité a été tournée dans le Canada anglais pour le poste CBC «la semaine où les femmes sont parties». Cette série a pour objectif de démontrer ce que les femmes font durant une semaine pour que les hommes aient à se débrouiller seuls. Je ne sais pas comment prendre cette télé-réalité : marque-t-elle encore plus la séparation des rôles féminins et masculins dans le cadre domestique, ou encore est-elle une façon de faire constater à tous l’ampleur des tâches «dites invisibles» que les femmes font?
Les deux premières séquences démontrent à mon avis que le féminisme a toujours sa raison d’être. Les inégalités sont bien présentes. Mais on n’a pas besoin de chercher aussi loin pour les voir.
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