Le concept de «troisième vague féministe» apparaît au début des années 1990 aux Etats-Unis sous la plume de Rebecca Walker qui s’en servit pour décrire et expliquer l’évolution du féminisme depuis les dernières décennies. Diane Lamoureux, dans Y-a-t-il une troisième vague féministe, explique dans un premier temps que cette notion fait référence à la nouvelle génération de féministe, soit celles étant née «après les luttes des années 1970».
L’auteure dresse un bref portrait de cette troisième vague et en quoi cette dernière se différencie des vagues précédentes. Ainsi, explique-t-elle, l’institutionnalisation des études féministes a entraîné un féminisme plutôt théorique que pratique, mais aussi moins subversif mais plutôt académique. C’est pourquoi Diane Lamoureux explique que la troisième vague avait besoin de redonner une nouvelle image au féminisme afin d’intégrer les jeunes femmes dans les luttes. Ainsi, le besoin de se démarquer des précédentes vagues féministes ont entraîné des critiques envers la seconde vague. Ainsi, elles remettent en cause le principe «de la non-mixité organisationnelle», et aussi leur non prise en compte des «enjeux de races et de classes» et dénoncent un certain manque de radicalité. La troisième vague féministe prônerait donc «un féminisme de la rue» plutôt que «de la chaire», et serait aussi plus ouverte à la diversité des femmes et aux autres formes d’inégalités.
Ainsi, bien que la troisième vague se voudrait une rupture avec ses prédécesseures, l’auteure a démontré qu’il y avait plutôt une certaine continuité entre les deux. Ainsi, il importe de reconnaître les acquis des premières vagues féministes dans la lutte pour l’égalité des femmes et des hommes, mais il importe également de ne pas glisser de cette reconnaissance au déni des inégalités qui perdurent encore aujourd’hui.
La vigilance demeure encore nécessaire. Certains acquis depuis longue date sont, dans certains cas, remis en question. Pensons notamment à l’interdiction de l’avortement aux États-Unis, à certains discours adéquistes prônant un retour des femmes à la maison ainsi qu’aux discours masculinistes qui réussissent de plus en plus à se faire entendre : les acquis existent, certes, mais certains peuvent demeurer encore fragiles.
Texte : LAMOUREUX Diane, Y-a-t-il une troisième vague féministe? In Cahiers de genre, hors-série, 2006, p. 57-74
L’auteure dresse un bref portrait de cette troisième vague et en quoi cette dernière se différencie des vagues précédentes. Ainsi, explique-t-elle, l’institutionnalisation des études féministes a entraîné un féminisme plutôt théorique que pratique, mais aussi moins subversif mais plutôt académique. C’est pourquoi Diane Lamoureux explique que la troisième vague avait besoin de redonner une nouvelle image au féminisme afin d’intégrer les jeunes femmes dans les luttes. Ainsi, le besoin de se démarquer des précédentes vagues féministes ont entraîné des critiques envers la seconde vague. Ainsi, elles remettent en cause le principe «de la non-mixité organisationnelle», et aussi leur non prise en compte des «enjeux de races et de classes» et dénoncent un certain manque de radicalité. La troisième vague féministe prônerait donc «un féminisme de la rue» plutôt que «de la chaire», et serait aussi plus ouverte à la diversité des femmes et aux autres formes d’inégalités.
Ainsi, bien que la troisième vague se voudrait une rupture avec ses prédécesseures, l’auteure a démontré qu’il y avait plutôt une certaine continuité entre les deux. Ainsi, il importe de reconnaître les acquis des premières vagues féministes dans la lutte pour l’égalité des femmes et des hommes, mais il importe également de ne pas glisser de cette reconnaissance au déni des inégalités qui perdurent encore aujourd’hui.
La vigilance demeure encore nécessaire. Certains acquis depuis longue date sont, dans certains cas, remis en question. Pensons notamment à l’interdiction de l’avortement aux États-Unis, à certains discours adéquistes prônant un retour des femmes à la maison ainsi qu’aux discours masculinistes qui réussissent de plus en plus à se faire entendre : les acquis existent, certes, mais certains peuvent demeurer encore fragiles.
Texte : LAMOUREUX Diane, Y-a-t-il une troisième vague féministe? In Cahiers de genre, hors-série, 2006, p. 57-74
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