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Yvan%20Pedneault
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mardi 26 février 2008

L'occidentalisme, Buruma et Margalith

Avishai Margalit et Ian Buruma, dans The occidentalism, démontrent que les principaux arguments de la haine de l’Occident ne proviendrait pas de l’Orient, mais auraient en réalité leurs sources en Occident. Le terme «occidentalisme» fait donc référence à l’ensemble des stéréotypes censés représentés l’Occident, et serait né en Europe. Les auteurs expliquent en effet qu’en Allemagne, l’on prônait une culture allemande fondée sur le sang, le sol et l’instinct, le « volk », et en Russie et au Japon, à la fin du 19e siècle, on remettait en question les Lumières. Ainsi, les ultranationalistes japonais et nazis tenaient un discours semblable à l’encontre de l’Occident, considéré comme étant contraire à leur philosophie, tout comme le discours actuel de l’Islam radical. Ces trois courants de pensées considèrent qu’il faut contrer le phénomène de la décadence du mode de vie occidental, mais ce sont d’abord les stéréotypes qui représentent l’Occident comme étant une civilisation matérialiste, superficielle, brutale et sans égard aux valeurs spirituelles et religieuses, qui contribuent à la haine contre l’Occident. Aujourd’hui, c’est de l’Islam que proviennent principalement les contestations à l’égard des valeurs occidentales dans le monde.

Les auteurs identifient quatre grand facteurs phénomènes dictinctifs sur lesquels reposent la haine de l’occident. Symboles de la décadence occidentale, ces facteurs sont la civilisation urbaine, le capitalisme bourgeois, la raison l’emportant sur la foi, et le féminisme. Ces phénomènes sont perçus comme des éléments dont il faudrait se départir selon la vision occidentaliste.

Chez les occidentalistes, la ville colonisée et occidentalisée, est perçue comme étant arrogante, une insulte à Dieu, à l’image de Babylone dans la Bible. Il s’agirait, pour ses détracteurs, d’un lieu de décadence puisqu’elle représente à la fois l’arrogance et les mauvaises mœurs comme la prostitution et la violence. Cette vision, basée sur des stéréotypes, explique en partie les attentats du World Trade Center du 11 septembre 2001. Les tours représentaient, pour les islamistes radicaux, le symbole de la décadence et l’arrogance de l’Occident. La bourgeoisie serait aussi source de corruption et d’impureté par le fait de ses idées capitalistes, et de sa tendance néo-libérale du libre-échange. Les tenants des anti-occidentaux sont d’avis que la raison doit être mise au service d’une idéologie, d’une foi, tandis que les occidentaux considèrent plutôt que la raison doit être libre : la religion demeure une affaire privée. Le féminisme constituerait enfin le symbole de la décadence par excellence pour la pensée occidentaliste. Ainsi, selon les tenants de cette pensée, le rôle de la femme est avant tout de procréer et d’éduquer les enfants et l’émancipation de la femme, telle que prônée en Occident, est de la provocation.

La décadence serait donc le résultat des valeurs défendues par l’Occident selon ses détracteurs, ce qui justifie selon eux la haine de l’Occident. Cependant, en dénonçant les valeurs de l’Occident, l’Occidentalisme défend ses propres valeurs mais la haine de l’Occident ne repose pas principalement sur ce principe, mais plutôt sur l’idée que l’on s’en fait, soit sur les stéréotypes, sur des perceptions qui ne sont pas nécessairement basées sur la réalité.

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