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vendredi 21 novembre 2008

Carine Clément est agressée en Russie

J'ai personnellement eu la chance rencontrer cette femme extraordinaire lors de mon voyage en Russie en 2006. Elle nous avait entretenu, entre autre, de l' émergence des mouveaux sociaux en Fédération de Russie.

Voici l'article paru dans le journal Le monde diplomatique

Sociologue française installée depuis quinze ans en Russie, chercheuse et enseignante à l’institut de sociologie de l’Académie des sciences, fondatrice de l’Institut de l’action collective (1), collaboratrice régulière du Monde diplomatique, Carine Clément a subi trois agressions en l’espace de deux semaines, dont la dernière le 13 novembre. Alors qu’elle se rendait à une réunion publique sur la crise économique en Russie, deux individus lui ont planté dans la cuisse une seringue au contenu non identifié. Au-delà du caractère spectaculaire de cet événement, il faut s’interroger sur la signification de ces attaques.

Militante des droits sociaux, Carine Clément parcourt le pays depuis des années pour défendre le droit au logement des habitants d’un foyer, les ouvriers de Ford en grève ou les travailleurs migrants confrontés au racisme et à l’exploitation, position qui lui a valu de nombreuses attaques de l’extrême droite. Fin octobre, l’Union des soviets de Coordination de Russie, qu’elle a contribué à créer pour fédérer les initiatives syndicales et citoyennes, a participé à une « Journée de la colère ». Elle vient par ailleurs de terminer un programme de recherche collectif sur les acteurs des mobilisations et a participé à de nombreux projets internationaux qui ont donné lieu à des publications. Avec d’autres sociologues et juristes, elle cherche actuellement à introduire des changements dans la législation du travail en Russie. Enfin, son partenariat de longue date avec l’association de solidarité avec la Tchétchénie Convoi Syndical illustre cette capacité à faire le lien entre les problèmes sociaux et le conflit tchétchène.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte d’intimidation à l’égard des militants et journalistes. Dans la nuit du 13 au 14 novembre, Alexeï Etmanov, président du syndicat indépendant de l’usine Ford de la région de Saint-Pétersbourg, a été attaqué pour la seconde fois en l’espace d’une semaine, tandis que le jeune rédacteur en chef de la Khimkinskaya Pravda (une ville de la banlieue de Moscou), militant pour la sauvegarde de la forêt et les constructions spéculatives, était retrouvé le même matin roué de coups dans la cour de son immeuble.

Le Monde diplomatique s’associe à ceux qui demandent qu’une enquête, la plus complète possible, soit menée pour identifier les auteurs de ces agressions.

Anne Le Huérou

(1) Mouvement de soutien aux initiatives collectives et principal site d’informations les concernant. On trouvera sur le site http://www.ikd.ru une pétition concernant les agressions contre les militants.

Anne Le Huérou est sociologue (Université du Havre / CERCEC).



samedi 25 octobre 2008

Des nouvelles

Le temps passe trop vite...

Je viens de remarquer que ça faisait longtemps que je n'étais pas venue sur mon blog. Il faut dire que j'étais pas mal occupée ces derniers temps avec les élections fédérales, mon travail et tout.

Comme vous le savez sans doute, pendant les élections, j'étais partie en guerre contre Blackburn et le projet de loi C-484. Pour savoir tout ce qui s'est passé, je vous invite à vous rendre sur le blog de mon travail, www.recif02.blogspot.com que je tiens beaucoup plus à jour que le mien de ce temps-ci.

Aussi, j'ai supprimé mon site web sur freeweb et je suis en train d'en monter un autre sur http://sites.google.com/site/juliesheincksite/ Il n'est pas fini mais c un début.

Bonne journée à tous!

mardi 9 septembre 2008

Manifestation contre le C-484

Plusieurs rebondissements ont eu lieu ces derniers temps dans le dossier du C-484. Cependant, la manifestation nationale, et régionale, tient toujours afin de démontrer notre désaccord face à ce projet de loi.

Avec les élections déclenchées, le projet de loi est tombé automatiquement. Cependant, par la suite, le même projet, sous un autre numéro, peut réapparaître. C’est le cas, notamment, du projet de loi C-338 qui fut déposé en 2006, 2007 puis en 2008 par un député libéral qui souhaitait ainsi limiter les avortements. En effet, rien n’empêche les candidats ayant formé un Caucus pro-vie au gouvernement de continuer à vouloir restreindre les droits des femmes.

La mobilisation demeure donc nécessaire, surtout dans un contexte électoral! Le gouvernement Harper a fait reculer le Canada en matière de condition féminine, et il faut que cela cesse. Il nous faut des engagements fermes de la part des candidats afin que le gouvernement cesse de jouer avec les droits des femmes!

C’est donc un rendez-vous mercredi le 10 septembre à 16h à Ici le café, à Jonquière (sur la rue St-Dominique) afin de préparer la manifestation régionale du 28 septembre prochain.

mercredi 14 mai 2008

Nouvelle section du blog

Je vous invite à vous rendre dans ma nouvelle section de mon blog. Tous ceux qui me connaissent bien savent que ce que j'aime dans une chanson, c'est avant tout les paroles. Souvent, un texte d'une chanson exprime parfaitement bien comment l'on se sent à un moment précis de notre vie. Alors c'est un peu ce que vous retrouverez dans cette page. Mes sentiments en chanson. Lol. Non sans blague, ce sera surtout des textes de chansons qui expriment ce que je ressens à un moment précis. Ce sont souvent de très beaux textes, alors ça vaut le détour. Et certains se reconnaîteront sans doute... Soyez attentifs lol :d Sur ce bonne lecture!

Rendez-vous ici : www.aquilepetitcoeur.blogspot.com
Ou encore, d'ici, dans la section «à voir», cliquez sur «quelques textes».

mardi 13 mai 2008

Du nouveau

Bonjour tout le monde,

Depuis mon dernier message, il s'en est passé des affaires!

Tout d'abord, et le plus important, j'ai enfin obtenu mon bacc en science politique. Et pour finir en beauté, je travaille dans mon domaine :d. Et oui, je suis maintenant agente de développement pour la table de concertation des groupes de femmes Récif 02 du saguenay-lac-st-jean à Alma. Je travaille donc à la fois dans les communications, le milieu politique, et sur des enjeux féministes... Quoi rêver de mieux?

À part ça, j'ai rencontrer un mec vraiment super, et je vous en parlerai plus longuement de vive voix :d.

Bonne journée!

vendredi 14 mars 2008

Une autre raison...





Et une chanson pour anna, la journaliste assassinée

Pourquoi je déteste V. Poutine?

On m'a demandé hier pourquoi je détestait autant Vladimir Poutine, le président russe. Voilà une première raison... En passant, il a osé dire cela devant une centaine de personnes et devant les caméras internationales. Et il répond à un journaliste français! Et après, on se demande qui est le commanditaire du meurtre de la journaliste Anna Politkovskaya, reconnue pour ses prises de position contre la guerre en Tchétchénie? Ben Voyons!

Coup de coeur musical

Je vous invite à découvrir, ou à redécouvrir, cette artiste américaine qui a du cran:

dimanche 2 mars 2008

Le malheur de naître fille

En Asie, avoir une fille est considéré comme une malédiction.
Introduction
Récemment, l’économiste allemand Stefan Klasen a estimé qu’il manquerait aujourd’hui 100 millions de femmes en Inde, au Pakistan et en Chine à cause de l'infanticide, de l'avortement et des négligences dont elles sont victimes. Ces absentes que l'économiste Amartya Sen, Prix Nobel d’économie en 1998, qualifie de «missing women», de «femmes manquantes». Le chiffre est effrayant. Cent millions de bébés sont tués avant ou après la naissance simplement parce qu'ils sont des filles, des "charges inutiles" pour la société.
Si certaines explications ont été trouvées quant à l’origine de ce phénomène, l’autre question qui demeure toujours est de savoir quelles seront les répercussions de ce manque de femmes. Dans un premier temps donc, je vous démontrerai l’ampleur de la problématique en Chine et en Inde, puis, je vous ferai part des différentes causes avancées pour expliquer ce phénomène. Enfin, j’aborderai avec vous les différentes répercussions qu’aura ce problème sur la société asiatique.
1. L’ampleur du phénomène
Afin de bien comprendre l’ampleur du phénomène, il importe de rappeler certaines données démographiques mondiales. Ainsi, lorsque les hommes et les femmes sont traités sur un pied d’égalité, le taux de masculinité d’une population est censé connaître une légère majorité féminine. La Chronique du Centre Population et Développement, paru en mai 2006, indiquait qu’en Europe, par exemple, il y avait en 2005, 92,7 hommes pour 100 femmes dans l’ensemble de la population, alors qu’en Amérique du Nord, ce taux était de 96,9 hommes pour 100 femmes. En Asie, ce taux passe à 103.9 hommes pour 100 femmes. Ce taux de masculinité varie en fonction des naissances, de la croissance des populations, des comportements migratoires, de l’espérance de vie et du taux de mortalité. Pour arriver à un taux de masculinité «dit normal», c’est-à-dire lorsqu’il n’y a aucune forme d’intervention humaine venant perturber l’effet des données démographiques, on explique, dans la même revue, que la proportion des garçons à la naissance est légèrement supérieure à celle des filles dont le ratio se situe habituellement entre 103 et 106 garçons pour 100 filles, ce qui vient contrebalancer de manière naturelle la surmortalité des hommes qui est constaté habituellement à chaque âge de la vie. Ainsi, en 2000, on comptait à la naissance, 105,1 garçons pour 100 filles en Amérique du nord et 105,5 garçons pour 100 filles en Europe. Mais la situation est très différente lorsque l’on observe les différents pays d’Asie. En effet, la prépondérance masculine dans la petite enfance y est nettement plus prononcée. Ainsi, la démographe Isabelle Attané explique, dans le numéro 416 de la revue Populations et société paru en 2005, qu’en Chine, ce ratio est passé de 107 garçons pour 100 filles en 1982 à 111 en 1989 puis à 117 en 2000. La situation est encore pire dans certaines provinces chinoises, telles que le Jiangxi et le Guangdong, où il est né 138 garçons pour 100 filles, soit 30% de plus que la norme biologique. En Inde, cette proportion passe à 111 garçons pour 100 filles mais, entre 1998 et 2000, il est né 125 garçons pour 100 filles dans la province indienne d’Haryana. En 2005, la Chine comptait 12,8 millions de garçons de plus que de filles chez les moins de neuf ans.
2. Les sources du problème
Il importe de rappeler les différents facteurs sociaux, culturels et économiques pouvant expliquer pourquoi les populations asiatiques discriminent ainsi leurs filles. Cependant, malgré le fait que la politique de l’enfant unique a pu être un facteur aggravant de la situation actuelle, elle ne peut expliquer à elle seule le problème de la masculinisation de la société asiatique. Cette politique chinoise qui obligeait les familles à n’avoir qu’un seul enfant a certainement contribué à renforcer le déséquilibre des sexes en Chine. Mais, cependant, ce déséquilibre est aussi apparu en Corée du Sud et à Taiwan, à la même époque et sans que la politique de l’enfant unique n’y soit implantée. Je ne crois donc pas que le contrôle rigide de la démographie soit la cause principale du phénomène des femmes manquantes. L’explication que j’avancerai tout au long de mon exposé est que la masculinisation de la société asiatique tiendrait en réalité de la combinaison de plusieurs facteurs, tels que la réduction de la taille des familles, la volonté d’avoir un garçon à tout prix, la valeur économique de l’enfant et la diffusion des moyens prénataux.
2.1. La réduction de la taille des familles
Selon Gilles Pison, dans un article paru en septembre 2004 dans la revue Population et sociétés, l’un des facteurs qui expliquerait le déséquilibre entre les sexes en Chine est la forte diminution du taux de fécondité au cours des dernières années. En effet, au début des années 1960, les femmes avaient en moyenne près de six enfants et aujourd’hui elles n’en ont plus que moins de deux en moyenne. L’obligation et le désir d’avoir moins d’enfants tout en ayant au moins un garçon font que les couples ont tendance à vouloir déjouer le hasard afin de s’assurer d’avoir un enfant mâle à tout prix. Ainsi, les filles sont devenues indésirables parce qu’elles privent leurs parents d’avoir la possibilité d’avoir un fils. Cette chute de la fécondité aurait quatre causes : soit la hausse du coût de la vie‚ la montée du chômage‚ l'urbanisation des années 70‚ liées à l'émergence de la politique de l'enfant unique.
2.2. Un garçon à tout prix
La société asiatique étant basée sur un système patrilinéaire favorisant le genre masculin à plusieurs niveaux, les familles tendent traditionnellement à préférer la naissance d’un garçon plutôt que celle d’une fille, perçue comme une malédiction. Plusieurs facteurs viennent renforcer cette tendance traditionnelle.
Ainsi, bien que, d’après la loi, la fille peut hériter des biens autant que le garçon, le nom continue de se transmettre de père en fils. Dans un article paru en juillet 2005 dans la revue L’Actualité, M. Zhao raconte que selon lui, «léguer ses biens à une fille, c'est jeter le patrimoine familial par la fenêtre. C'est même un outrage aux ancêtres!» dit-il. De plus, cette mentalité bien ancrée selon laquelle il faut un fils pour maintenir la famille, perpétuer son nom et en assurer la reproduction sociale et biologique, est renforcée encore par la religion. Ainsi, en Chine, à Taiwan et en Corée, l’absence d’héritier mâle signifie l’extinction de la lignée familiale et du culte aux ancêtres. En effet, dans la religion hindouiste, ne pas avoir de fils condamne les parents à l’errance éternelle, car c’est celui-ci qui, traditionnellement, est chargé des rites funéraires au décès des parents.
2.3. La valeur économique de l’enfant
Tant en Chine qu’en Inde, la valeur économique de l’enfant entre aussi parmi les facteurs expliquant le déficit de femmes. En effet, le rôle primordial des fils dans le soin des personnes âgées peut être considéré comme l’une des causes majeures de la discrimination sélective à l’égard des chinoises. Marina Thorborg explique dans un numéro paru en 2004 de la revue Perspectives chinoises, que 90% de la population rurale ne bénéficient d’aucune aide pour le troisième âge, ce qui force la majorité des personnes âgées à continuer de travailler tant qu’elles sont encore valides, et ce, malgré l’assistance d’un fils, alors que celles qui n’en ont pas travaillent toutes. Ainsi, pour la majorité de la population vieillissante, il n’existe pas d’autre alternative dans un futur immédiat que de travailler aussi longtemps que possible, puis de s’appuyer sur son fils, puisque les filles ne peuvent pas, traditionnellement, tenir ce rôle. En effet, une fois mariées, celles-ci quittent leur famille et doivent se vouer à celle leur époux. L’expression selon laquelle «avoir une fille, c’est arroser le jardin du voisin» est d’ailleurs très répandue en Chine, tout autant que l’est la mentalité de M. Zhao qui ajoutait, toujours dans L’Actualité, que «les filles sont inutiles, puisque le jour où elles se marient, elles appartiennent à des étrangers».
Pour ce qui est de l’Inde, les chercheurs croient de plus en plus que les différents meurtres des femmes, autant des foetus que ceux des jeunes mariées, sont attribuables aux dépenses et aux exigences excessives pour la dot, malgré son interdiction officielle en 1955. Cette pratique de dot est toujours en vigueur et, en 2004, représentait, en moyenne, cinq fois le revenu annuel d’une famille. Cette charge des dots est la principale cause d’endettement des familles. Ainsi, en Inde, avoir une fille est considéré comme un mauvais coup du sort tandis que le mariage d’un fils implique une rentrée d’argent importante. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, la classe sociale à laquelle la famille appartient a peu d’importance quant à la décision de garder ou non sa fille. Seule la façon de s’y prendre changera. Ainsi, dans le cas de l’Inde, ce sont les classes les plus favorisées économiquement et les plus instruites qui recourent le plus massivement aux méthodes de détermination prénatale du sexe de l’enfant à des fins d’avortement sélectif. De plus, le niveau d’autonomie acquis par la mère y apparaît également comme un facteur déterminant de la probabilité d’une naissance masculine, les femmes les plus autonomes recourant plus massivement aux avortements sélectifs que les autres. En Chine, ce sont les femmes les plus jeunes et les mieux éduquées qui recourent, notamment dans les villes, plus systématiquement aux méthodes de sélection prénatale du sexe de leur enfant. Cela ne signifie cependant pas que le reste de la population épargne ses filles, au contraire. En Chine, comme en Inde, la préservation du patrimoine économique familial ou de ses moyens de production, (en l’occurrence, le plus souvent, la terre) influe largement sur la décision de privilégier un fils à une fille. Ainsi il existe plusieurs incitations pour éliminer les petites filles. Je n’ai pas encore aborder les pressions sociales que peuvent supporter les femmes dans certains états asiatiques. Avortements forcés, obligation de sacrifier une fille… Regardez ce documentaire La malédiction de naître fille.

2.4. Quand une société se donne les moyens
Le couple qui souhaite avoir à tout prix un fils et qui ne peut, ou ne veut, avoir qu’un nombre très limité d’enfants, va ainsi empêcher dans la mesure du possible la naissance d’une fille, ou, lorsqu’elle survient, tout faire pour qu’elle ne prive pas ses parents de la possibilité d’avoir un fils. Ainsi, les processus de discriminations surviennent à tous les stades et sont très variés. L’une des principales méthodes pour garantir la venue au monde d’un garçon consiste en la sélection prénatale de l’enfant. Dans les années 1970, une nouvelle méthode plus accessible que l’amniocentèse allait se répandre de façon dramatique en Asie. Rendant possible le diagnostic du sexe de l’enfant pendant la grossesse sans trop d’erreurs dès le troisième ou le quatrième mois, l’échographie allait servir par la suite à la prise de décisions en ce qui concerne les d’avortements sélectifs basés sur le sexe de l’enfant.
Lorsqu’une fille naît tout de même, certains couples se reprennent après la naissance. Les infanticides féminins dans les premiers jours de la vie sont très nombreux et sont souvent difficile à distinguer des décès accidentel. Parmi les autres façons de se débarrasser de la fillette, on retrouve l’abandon de l’enfant non désirée ou encore en lui assurant des soins moindres que s’il s’agissait d’un garçon (moins bonne alimentation, peu de soins de santé). Ce dernier mécanisme correspond à la surmortalité souvent observée parmi les petites filles. Comme il ne s’agit pas d’un geste actif, mais plutôt d’un effet de négligence, ses contours sont plus flous, son intensité moindre et il reste d’ailleurs souvent invisible, sauf par les données démographiques. Isabelle Attané explique, dans un article de la revue Populations et société paru en 2005, que la mortalité infantile, entre la naissance et le cinquième anniversaire, est supposée être plus forte chez les garçons que chez les filles en temps normal.
Cependant, en Inde, elle est 7% plus élevée chez les filles que chez les garçons; de 5% au Pakistan, et de 3% au Bangladesh. C’est toutefois en Chine que l’anomalie atteint son paroxysme puisque la mortalité infantile des filles est supérieure de 28% à celle des garçons. Selon la démographe et professeure d'études des femmes à l'Université de Jiaotong, Zhu Chuzhu, 14,6 fillettes en très bas âge meurent, contre 10 garçons. De plus, dans un rapport de l’OCDE rapportant une étude sur le Punjab, une province de l’Inde, il est démontré que les dépenses médicales pour les garçons sont 2,3 fois plus élevée que pour les filles.
3. Les répercussions de la masculinisation de la société asiatique
L’enjeu démographique lié au déficit de filles est considérable. En effet, si, à l’heure actuelle, ce déficit concerne essentiellement les filles en bas âge, celui-ci se répercutera nécessairement sur l’ensemble de la pyramide des âges, au fur et à mesure qu’elles grandiront. L’une des conséquences les plus immédiates est aussi l’une des plus visibles : dès le milieu de la prochaine décennie, lorsque ces jeunes filles atteindront l’âge de se marier, elles ne seront inévitablement pas assez nombreuses pour la quantité de jeunes hommes cherchant une épouse. En Chine, ce déséquilibre des sexes sur le marché matrimonial se fera de plus en plus aigu à partir de 2010, avec un excédent d’homme qui pourrait atteindre les 20% en 2030. Et, selon certaines estimations, il y aura, en 2050, 65 millions d’hommes incapables de se trouver une épouse en Asie. De 30 à 40 millions de ces jeunes hommes sont en Chine. Mais, pour ne pas être considéré comme étant des «branches nues» dans l’arbre familial, ces jeunes célibataires sont obligés d’aller voir ailleurs, affirme le démographe Xie Zhenming. Selon plusieurs ONG, de nombreuses nord-coréennes et des vietnamiennes sont enlevées et vendues comme épouses à des paysans chinois. En Inde, des femmes sont aussi enlevées dans les pays voisins. Le marché des épouses entraîne la migration de mariage, et selon Isabelle Attané, près de 8% des mariages célébrés dans la région de Taïwan impliquaient une épouse vietnamienne et un taïwanais. Si ces mariages sont lucratifs pour la famille de la jeune mariée, pour l’homme chinois, cela permet une union stable avec une femme respectueuse de ses valeurs traditionnelles communes qui a aussi moins de chance de revendiquer son autonomie qu’une jeune chinoise. Ainsi, selon les chiffres officiels, 17 963 femmes ont été enlevées et vendues en Chine en 2000.
Parmi les conséquences envisagées à long terme de la masculinisation de la société chinoise, les deux chercheuses Andrea den Boer et Valerie Hudson ont, dans leur essai-choc Bare Branches: The Security Implications of Asia's Surplus Male Population (les branches nues: conséquences pour la sécurité du surplus d'hommes en Asie), publié par MIT Press, élaborer une hypothèse catastrophique pour la sécurité mondiale. En effet, dans cette étude canadoaméricaine, il est expliqué que ce surnombre de mâle pourrait mener à la guerre. Dans l’histoire, disent-elles, les sociétés qui présentaient un surplus d’hommes ont toujours été plus violentes et plus belliqueuses. Les psychologues Neil I. Wiener et Christian G. Mesquida de l’université York de Toronto croient aussi qu’il y a lun ien important entre une surpopulation de jeunes hommes et la guerre. Cela n’est bien sur qu’une hypothèse, mais cela aurait de grandes conséquences pour l’ordre mondial étant donné la place que prends la Chine au sein des marchés mondiaux et aussi du point de vue de la politique internationale.
Une chose est sûre, les candidats devront être plus patient avant de trouver une épouse, et seront globalement plus âgés à leur mariage. Selon certains démographes, la Chine ne connaîtra peut-être jamais la croissance tant redoutée il y a quelques années puisque selon un rapport de l’ONU, il va amorcer une décroissance à partir de 2030. A ce rythme, la Chine sera dans les années à venir rattrapée par l’Inde qui, d’après les estimations onusiennes, comptera 200 millions d’habitants de plus que sa voisine en 2050.
4. Les tentatives politiques pour résorber le manque de femmes
Les autorités des pays concernés, conscientes de la gravité de la situation, tentent des réponses politiques afin d’endiguer le déficit de filles. Isabelle Attané explique, dans le numéro 51 de la Chronique du Centre Population et développement paru en mai 2006, qu’en Chine, «diverses lois datant des années 1990 interdisent toute discrimination ou mauvais traitement à l’encontre des filles (infanticide, abandons) de même que la détermination prénatale du sexe et la pratique d’avortements sélectifs. En Inde, le «Prenatal Diagnosis Techniques Act» interdit également, depuis 1994, ces diagnostics prénatals. D’autres initiatives existent, visant à promouvoir plus directement le statut des femmes. La campagne pour « Plus de considération pour les filles » lancée en Chine en 2001, cherche à promouvoir l’idée d’égalité des sexes, notamment dans les manuels scolaires, et à améliorer les conditions de vie des familles n’ayant que des filles. Ainsi, dans certaines régions, les couples concernés bénéficient par exemple d’un fonds de soutien et sont exemptés d’impôts agricoles et de frais de scolarité obligatoire pour leurs filles, jusqu’à ce qu’elles soient en âge de se marier». Par ailleurs, le gouvernement chinois a mis en place un programme, dont l’échéance a été fixée en 2010, afin de faire retomber le rapport de masculinité des naissances à un niveau normal. Pourtant, plus de dix ans après l’adoption des lois interdisant, en Chine comme en Inde, la pratique d’avortements sélectifs, ceux-ci ne cessent de se développer. Les lois continuent d’être violées, et ce, malgré les menaces qui pèsent sur les contrevenants. En Chine, corruption aidant, la détermination prénatale du sexe reste un service largement proposé. Les lois, donc, ne suffisent pas.
Malgré les tentatives politiques pour réduire ce déficit, le gouvernement chinois a tout de même adopté à la fin de 2002, la «Loi sur la population et la limitation des naissances», qui réaffirme le principe d’un enfant par couple, bien que celle-ci soit beaucoup moins stricte qu’autrefois. Le gouvernement chinois accorde énormément d’importance à la planification des naissances car il craint que la population immense et en pleine croissance de la Chine ne mette en péril les acquis des réformes économiques. Cette politique demeure néanmoins l’un des facteurs aggravant de la situation, puisque les traditions et les mentalités bien ancrées ne changeront pas par magie, et le désir d’avoir un fils est tel que, si l’on ne peut qu’avoir un seul enfant, autant que ce soit un fils. Moins stricte que les précédentes politiques cependant, la nouvelle loi permet néanmoins la possibilité d’avoir un deuxième enfant si le premier est une fille. La survie du deuxième enfant de sexe féminin est donc d’autant plus compromise s’il y a déjà présence d’une soeur aînée. Dans ces sociétés, les valeurs patriarcales sont si profondément ancrées dans les mentalités qu’il faudra certainement attendre plusieurs générations avant que, l’amélioration du statut de la femme aidant, les couples ne finissent par devenir indifférent au sexe de leurs enfants
Conclusion
Comptant 1,3 milliards d’habitants en 2005, la Chine d’aujourd’hui est donc confrontée à plusieurs défis majeurs : le déséquilibre numérique entre garçons et filles. Ce bouleversement démographique aura des conséquences très graves sur le développement social du pays puisque celui-ci doit aussi faire face au vieillissement de sa population et à la décroissance démographique.
La Chine qui s’annonce est en effet un pays qui vieillit prématurément. Elle compte actuellement 8% de plus de 60 ans, soit 100 millons. En 2035‚ 27% des Chinois – soit près de 400 millions – auront dépassé la soixantaine. En revanche‚ la proportion des moins de quinze ans sera tombée à 16% (200 millions)‚ soit une perte de 100 millions sur ce qu'elle est aujourd'hui. Comme l’explique Isabelle Attané, la solidarité familiale sur laquelle reposait le confucianisme auparavant, ne pourra plus prendre en charge le vieillissement. Elle ajoute aussi que la réduction du nombre d’enfants, combiné avec l’allongement de l’espérance de vie font en sorte que chaque enfant unique masculin doit s’occuper de ses deux parents ainsi que plusieurs grands-parents encore en vie.
La Chine devra donc revoir son système de retraite et le rendre accessible à tous. L’éparpillement des familles obligera aussi le développement des services à domicile, de même qu'à la création d'établissements d'hébergement sur une grande échelle. Le problème actuel est que le secteur de la santé chinois se privatise progressivement et que les inégalités se creusent dans l’accès aux soins de base. Pour faire face aux conséquences qu’entraînera le manque de femme, la Chine devra reconstruire une économie des services publics. Ce dont elle n'a pas encore pris conscience‚ ni mesuré le coût.
Pour plus d'informations
ATTANÉ Isabelle, «L’Asie manque de femmes», Le Monde diplomatique, Juillet 2006. En ligne: http://www.monde-diplomatique.fr/2006/07/ATTANE/13601
ANDRIEU Michel, «La démographie en Chine : une bombe à retardement», Le nouvel observateur, Octobre 1999, page 34, En ligne :
http://www.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/20/La_d%E9mographie_en_Chine_:_une_bombe_%E0_retardement.html
CHICOINE Jean-François, «Et le bébé chinois…», Paediatrics & child healt,
Official Journal of the Canadian Paediatric Society, Mai/Juin 2001, Volume 6, Numéro 5, En ligne : http://www.pulsus.com/Paeds/06_05/chic_ed.htm


Pour contrer les inégalités dès l'enfance



Au Cambodge, étant donné les difficultés économiques, lorsqu'on envoie un enfant à l'école, on envoie le garçon. Cet organisme a décidé de crérer une école pour filles seulement.

jeudi 28 février 2008

Ma maîtrise

Des nouvelles de ma maîtrise? Je vais travailler avec Michel Roche et Marielle Tremblay. Le premier est spécialiste de la Russie et la deuxième est une chercheure en sciences politiques spécialisée en études féministes... Quoi rêver de mieux?

Généalogie

Salut tout le monde!

J'ai trouvé mon arbre généalogique complet sur le web. C'est un monsieur Robert Marchand qui l'a fait. Si ça vous intéresse, vous n'avez qu'à vous rendre à cette adresse, http://gw1.geneanet.org/index.php3?b=rmarchand, tapé Sheinck dans la recherche, et vous tomberez sur ma branche. Pour info, le premier Sheinck est né en 1736 et est parti de l'Alsace (France-Allemagne) pour arrivé au Québec en 1755 en tant que soldat, il s'appelait Joan Jacob Shinks et son nom fut traduit par Jacques. Il s'installa avec sa mère à St-Charles de Bellechasse.

Allez faire un tour, il manquait quelques informations, mais le monsieur m'a dit qu'il les rajouterait bientôt.

Bonne journée

The world is round, by John Gray

Dans The world is round, John Gray répond à Friedman qui avait écrit «The world is flat». Les deux auteurs n'en arrive pas à la même conclusion, et Gray revient sur les arguments de Friedman pour expliquer son propre point de vue.

Gray explique dans un premier temps que le néo-libéralisme et le marxisme sont loin d’être aussi fondamentalement antagoniste que l’on pouvait le croire lors de la guerre froide. Il identifie en effet des points de convergences entre ces deux courants de pensées.

Dans un premier temps, Marx et Engels dénonçaient le fait que la bourgeoisie transformait le monde pour le rendre à son image, obligeant les nations à adopter leur mode de production, à introduire la civilisation dans leur milieu, à devenir bourgeoises. Ainsi, ils reconnaissaient l’émergence d’un marché mondial, d’un système mondial de production et de consommation qui dépassait les seules limites des frontières nationales et culturelles. Contrairement à Friedman, ils désapprouvaient cette évolution puisqu’ils considéraient que le marché libre était une force révolutionnaire qui, avec son expansion à travers le monde, n’entraînerait que des perturbations et des conflits violents. L’histoire donna cependant raison à Marx. En effet, l’auteur explique que ce phénomène s’est accompagné de grands conflits et de bouleversements sociaux. Il cite en exemple la guerre de l’Opium et le génocide du Congo, et ajoute que la propagation du capitalisme et de l’industrialisation «has gone hand in hand with war and revolution».

Pour Friedman, la mondialisation entraînerait l’humanité à surmonter les divisions du passé et il considérait, tout comme Marx, que la mondialisation n’était compatible qu’avec un seul système économique, et que seul ce dernier peut mener l’humanité à mettre fin aux conflits, à la tyrannie et la pauvreté.

John Gray explique que ces deux courants de pensée appartiennent à un même style de pensée et sont souvent aussi confrontés aux mêmes limites. Ainsi, il explique que les deux idéologies considèrent que les avancées technologiques constituent le moteur de l’économie et que la politique et la culture étaient, dans les deux cas, relayé au plan secondaire du processus de progrès humain. Aussi, les deux courants considèrent que la mondialisation est le résultat de politiques de dérégulation.

Ainsi, on peut voir qu’à travers la dynamique de la mondialisation, les pensées marxistes et néolibérales se rejoignent plus qu’on ne pouvait le supposer. Pour Grey, l’idée de la mondialisation repose sur deux principes. D’abord sur l’idée selon laquelle nous vivons une période rapide d’innovation technologique continue, ce qui a pour effet de relier les événements et les activités à travers le monde, plus largement et plus rapidement qu’avant. Le second principe sur lequel repose l’idée de la mondialisation est la conviction que ce processus conduit à un seul système économique mondial. Et, comme le dit l’auteur, «like Marx, Friedman elides the two».

Friedman identifiait trois grandes phases historiques de la mondialisation. Il situe la première phase de 1492 à 1800 avec l’expansion militaire des pays militaires par le biais notamment de la colonisation. La deuxième phase touche quant à elle la période 1800 à 2000 et se caractérise selon lui par la prise de contrôle des compagnies multinationales, devenues les principales actrices de la mondialisation et dont le but recherché est de se diversifier le plus possible afin de devenir plus puissantes. Ainsi, nous serions dans la troisième phase, soit celle de 2000 à 2008. L’individualisme, les technologies et l’industrialisation y occupe une place prépondérante. Ce sont les individus qui sont désormais les principaux acteurs de la mondialisation : leurs choix en déterminent le déroulement.

Enfin, John Gray explique l’origine de la mondialisation par la révolution de l’information qui aurait débuté dans le milieu des années 1980 avec la multiplication des moyens de communications. Aussi, dit-il, bien que ces trois phases n’aient pas tous les mêmes facteurs d’origine, la technologie serait le point commun des trois, «la force première» selon Friedman.

Pour Friedman, le monde est plat. Il explique que la mondialisation rend le monde plus petit, faisant disparaître les frontières, ce qui peut mener à l’éclatement de conflits. John Gray s’oppose à Friedman car il considère plutôt que le monde «is round». Gray explique en effet que Friedman ne voit que les ressemblances entre les peuples, et qu’il ignore les différences pouvant les tenir à distances les uns des autres. Ainsi, pour Friedman, la terre est plate puisque les frontières tendent à disparaître pour discuter mais aussi pour faire la guerre. Al Quaïda constitue un bon exemple étant donné que cette organisation n’est pas située dans un endroit précis sur une carte, mais est plutôt présente un peu partout. Pour Gray, il importe de prendre compte des différences et de la montée des nationalismes, ce qui serait, selon lui, la preuve de déchirures entre les peuples, de conflits et de barrières existantes. Il donne ainsi raison à Marx et la terre serait donc ronde pour Gray.

Selon moi, la mondialisation tend en effet à effacer les frontières, ce qui fait que la terre serait plate. Cependant, la mondialisation s’accompagne d’un seul système économique : le capitalisme. C’est ce système qui, selon moi, tend à faire ressurgir les conflits, à ériger des barrières entre les peuples, à creuser des inégalités. C’est donc le capitalisme qui, selon moi, rend la terre ronde.

Texte original:
static.twoday.net/foehrenbergkreis/files/Gray-The-World-is-Round.pdf

mardi 26 février 2008

L'occidentalisme, Buruma et Margalith

Avishai Margalit et Ian Buruma, dans The occidentalism, démontrent que les principaux arguments de la haine de l’Occident ne proviendrait pas de l’Orient, mais auraient en réalité leurs sources en Occident. Le terme «occidentalisme» fait donc référence à l’ensemble des stéréotypes censés représentés l’Occident, et serait né en Europe. Les auteurs expliquent en effet qu’en Allemagne, l’on prônait une culture allemande fondée sur le sang, le sol et l’instinct, le « volk », et en Russie et au Japon, à la fin du 19e siècle, on remettait en question les Lumières. Ainsi, les ultranationalistes japonais et nazis tenaient un discours semblable à l’encontre de l’Occident, considéré comme étant contraire à leur philosophie, tout comme le discours actuel de l’Islam radical. Ces trois courants de pensées considèrent qu’il faut contrer le phénomène de la décadence du mode de vie occidental, mais ce sont d’abord les stéréotypes qui représentent l’Occident comme étant une civilisation matérialiste, superficielle, brutale et sans égard aux valeurs spirituelles et religieuses, qui contribuent à la haine contre l’Occident. Aujourd’hui, c’est de l’Islam que proviennent principalement les contestations à l’égard des valeurs occidentales dans le monde.

Les auteurs identifient quatre grand facteurs phénomènes dictinctifs sur lesquels reposent la haine de l’occident. Symboles de la décadence occidentale, ces facteurs sont la civilisation urbaine, le capitalisme bourgeois, la raison l’emportant sur la foi, et le féminisme. Ces phénomènes sont perçus comme des éléments dont il faudrait se départir selon la vision occidentaliste.

Chez les occidentalistes, la ville colonisée et occidentalisée, est perçue comme étant arrogante, une insulte à Dieu, à l’image de Babylone dans la Bible. Il s’agirait, pour ses détracteurs, d’un lieu de décadence puisqu’elle représente à la fois l’arrogance et les mauvaises mœurs comme la prostitution et la violence. Cette vision, basée sur des stéréotypes, explique en partie les attentats du World Trade Center du 11 septembre 2001. Les tours représentaient, pour les islamistes radicaux, le symbole de la décadence et l’arrogance de l’Occident. La bourgeoisie serait aussi source de corruption et d’impureté par le fait de ses idées capitalistes, et de sa tendance néo-libérale du libre-échange. Les tenants des anti-occidentaux sont d’avis que la raison doit être mise au service d’une idéologie, d’une foi, tandis que les occidentaux considèrent plutôt que la raison doit être libre : la religion demeure une affaire privée. Le féminisme constituerait enfin le symbole de la décadence par excellence pour la pensée occidentaliste. Ainsi, selon les tenants de cette pensée, le rôle de la femme est avant tout de procréer et d’éduquer les enfants et l’émancipation de la femme, telle que prônée en Occident, est de la provocation.

La décadence serait donc le résultat des valeurs défendues par l’Occident selon ses détracteurs, ce qui justifie selon eux la haine de l’Occident. Cependant, en dénonçant les valeurs de l’Occident, l’Occidentalisme défend ses propres valeurs mais la haine de l’Occident ne repose pas principalement sur ce principe, mais plutôt sur l’idée que l’on s’en fait, soit sur les stéréotypes, sur des perceptions qui ne sont pas nécessairement basées sur la réalité.

jeudi 21 février 2008

Féminisme «intergénérationnel»

Le concept de «troisième vague féministe» apparaît au début des années 1990 aux Etats-Unis sous la plume de Rebecca Walker qui s’en servit pour décrire et expliquer l’évolution du féminisme depuis les dernières décennies. Diane Lamoureux, dans Y-a-t-il une troisième vague féministe, explique dans un premier temps que cette notion fait référence à la nouvelle génération de féministe, soit celles étant née «après les luttes des années 1970».

L’auteure dresse un bref portrait de cette troisième vague et en quoi cette dernière se différencie des vagues précédentes. Ainsi, explique-t-elle, l’institutionnalisation des études féministes a entraîné un féminisme plutôt théorique que pratique, mais aussi moins subversif mais plutôt académique. C’est pourquoi Diane Lamoureux explique que la troisième vague avait besoin de redonner une nouvelle image au féminisme afin d’intégrer les jeunes femmes dans les luttes. Ainsi, le besoin de se démarquer des précédentes vagues féministes ont entraîné des critiques envers la seconde vague. Ainsi, elles remettent en cause le principe «de la non-mixité organisationnelle», et aussi leur non prise en compte des «enjeux de races et de classes» et dénoncent un certain manque de radicalité. La troisième vague féministe prônerait donc «un féminisme de la rue» plutôt que «de la chaire», et serait aussi plus ouverte à la diversité des femmes et aux autres formes d’inégalités.

Ainsi, bien que la troisième vague se voudrait une rupture avec ses prédécesseures, l’auteure a démontré qu’il y avait plutôt une certaine continuité entre les deux. Ainsi, il importe de reconnaître les acquis des premières vagues féministes dans la lutte pour l’égalité des femmes et des hommes, mais il importe également de ne pas glisser de cette reconnaissance au déni des inégalités qui perdurent encore aujourd’hui.

La vigilance demeure encore nécessaire. Certains acquis depuis longue date sont, dans certains cas, remis en question. Pensons notamment à l’interdiction de l’avortement aux États-Unis, à certains discours adéquistes prônant un retour des femmes à la maison ainsi qu’aux discours masculinistes qui réussissent de plus en plus à se faire entendre : les acquis existent, certes, mais certains peuvent demeurer encore fragiles.

Texte : LAMOUREUX Diane, Y-a-t-il une troisième vague féministe? In Cahiers de genre, hors-série, 2006, p. 57-74

mardi 19 février 2008

Nouvelle section

Allez dans la section «à voir» et cliquez sur «Découvertes musicales», de très belles chansons vous attendent!

Petits changements

Et oui, comme vous pouvez le constater, j'ai procédé à quelques petits changements sur mon blog. Je vais aussi mettre des photos bientôt. Alors revenez :D

dimanche 17 février 2008

Sujet de maîtrise

Salut tout le monde,
Je travaille actuellement sur mon sujet de maîtrise. Mon projet de recherche porte sur la féminisation de la pauvreté en Russie depuis l'éclatement de l'URSS. Les processus de transformation sociale sont conçus par l’élite masculine et renforcent le rôle domestique des femmes au détriment de leur autonomie et de la diversité de leurs activités. Les récents changements politiques et économiques survenus en Russie ont apporté de profondes transformations sociales qui ont eu des conséquences pour la population. Je crois que ces changements ont aussi influencé les rapports sociaux de sexe et de genre, et que cela se traduit notamment par la féminisation de la pauvreté.
Mon hypothèse est que cette féminisation de la pauvreté est due au caractère genré des processus de transformation politique, économique et sociale survenue depuis l'effondrement de l'URSS, et il sera démontré que les politiques préconisées par les institutions économiques internationales (FMI, Banque mondiale) ont influencé ces processus.

Mon devis de recherche sera bientôt en ligne... Revenez dans quelques jours.

mercredi 13 février 2008

Des inégalités, encore!

Aujourd'hui, j'ai eu mon cours d'introduction aux relations internationales et notre professeur, Gilbert Larochelle, nous a raconté une anecdote qui m'a carrément mis en colère contre le gouvernement fédéral. Il faut croire que les égalités existent jusqu'à ce niveau!

Un de ses étudiants avait postulé pour un emploi à la fonction publique canadienne. La GRC s'est présenté à la porte de notre professeur pour lui demander des renseignements sur ce dernier. À la toute fin de l'entretien, ils lui ont demandé, si à sa connaissance, cet étudiant pouvait être homosexuel. Ce n'était pas le cas, mais mon prof leur a demandé pourquoi ils posaient cette question. Ils ont répondu que cela était pertinent pour le poste que l'étudiant en question avait postulé. L'étudiant a finalement été engagé.

Je n'en reviens tout simplement pas que ce critère puisse être un facteur d'embaûche.

L'égalité entre les genres: loin d'être atteinte

Lena Levinas explique dans «L’égalité devant soi: sexes, rapports sociaux et développement international» que ce que l’on considère comme étant des éléments nouveaux constituant une force pour ce qui est des mouvements sociaux brésiliens est perçu de façon négative pour le mouvement féministe. Ainsi, le fait que les mouvements sociaux brésiliens soient centrés autour de revendications politiques non institutionnalisées : le quotidien, l’espace politique et privé, le vécu, la défense de nouvelles valeurs, et qui seraient perçues de façon négative pour les mouvements féministes. Elle aborde aussi la question des mouvements sociaux féminins qui ont tendance à s’atomiser, que chacune tend à se situer de manière isolée par rapport à ses pairs.

On peut établir un point de comparaison avec la troisième vague féministe. Certaines femmes refusent carrément de s’identifier à ce mouvement, même si elles ont souvent les mêmes revendications. La connotation négative du terme semble en quelque sorte nuire aux luttes féminines. La troisième vague du féminisme, que l’on dit plus institutionnalisée, voit aussi apparaître sur le terrain une forme d’atomisation. Les luttes sont souvent individualisées et sont souvent centrées autour de problématiques précises. Certaines personnes considèrent que l’égalité est déjà atteinte. Ce mythe bien implanté est renforcé par l’idée que «nous sommes tous des citoyens égaux», par l’individualisation des luttes et par la connotation négative du terme. Aussi, le fait que les rapports de genres ne soient pas explicités en tant que rapports sociaux ralentit la prise de conscience des inégalités entre les rapports de sexe et de genre. C’est ce qui, à mon avis, fait dire à certaines personnes que le mouvement féministe n’aurait plus sa raison d’être aujourd’hui. Les inégalités, pourtant bien là, sont rendues invisibles sur le plan social en raison de tous ces mythes.

D’autres fois, elles sont bien visibles, mais elles sont présentées comme faisant partie d’un autre monde, loin de chez nous. Ainsi, le 23 janvier dernier, en l’espace d’une heure et demie d’écoute télé, trois «séquences télé» (je zappais) ont fait état d’inégalités entre les hommes et les femmes. D’abord, dans une première séquence, on voit une jeune femme canadienne d’origine iranienne qui raconte les événements l’ayant conduite en prison dans son pays d’origine et ce qu’elle y a vécu. Elle raconte les cris des femmes que l’on battait et que la raison officielle était qu’elles avaient «compromis l’ordre public en revendiquant l’égalité entre les hommes et les femmes». Puis dans la seconde séquence, on parle de la «journée clinique de santé» organisée par les Forces Armées Canadiennes en Afghanistan. À un moment donné, un militaire explique qu’ils ont dû «séparer les hommes et les femmes dans la file d’attente sans quoi, lors de la prochaine journée organisée, les hommes empêcheraient les femmes de revenir». Puis, dans une troisième séquence, on apprend qu’une télé-réalité a été tournée dans le Canada anglais pour le poste CBC «la semaine où les femmes sont parties». Cette série a pour objectif de démontrer ce que les femmes font durant une semaine pour que les hommes aient à se débrouiller seuls. Je ne sais pas comment prendre cette télé-réalité : marque-t-elle encore plus la séparation des rôles féminins et masculins dans le cadre domestique, ou encore est-elle une façon de faire constater à tous l’ampleur des tâches «dites invisibles» que les femmes font?

Les deux premières séquences démontrent à mon avis que le féminisme a toujours sa raison d’être. Les inégalités sont bien présentes. Mais on n’a pas besoin de chercher aussi loin pour les voir.